« Le musicothérapeute, mêlé à la relation, n’est pas dans la position de “celui qui sait” mais plutôt de “celui qui contient” plus qu’il ne maîtrise » (Ducourneau in Éléments de musicothérapie, 2014).

De septembre 2017 à juin 2020, je suis intervenue comme musicothérapeute dans trois services de psychiatrie infanto-juvénile à l’hôpital d’Annecy, à raison de trois demi-journées par semaine. Dans ce service, la plupart des patients présente des troubles du spectre autistique avec un diagnostic non précisément déterminé. L’expérience que je rapporte ici se réfère à la prise en charge groupale de deux patients de l’hôpital de jour (HDJ), Esteban, huit ans, et Maxime, neuf ans, en co-thérapie avec une infirmière, musicienne par ailleurs. Échelonnée sur trois années scolaires, cette prise en charge m’a permis d’observer les enfants dans différentes situations groupales et individuelles. De mon côté, l’expérience m’a amenée à certaines prises de conscience vis-à-vis de ma pratique de la musicothérapie avec ce profil de patients.

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Bonjour à tous
Je suis une interne de médecine d’urgence au Centre Hospitalier de Gap.
Dans le cadre de ma thèse, je suis en train de réaliser une étude sur l’effet de la musique sur la douleur et l’anxiété liées aux soins lors des sutures de plaies aux urgences.
Je serais ravie de travailler avec des musicothérapeutes sur ce projet.
Je serais également intéressée par des suggestions de lectures et publications sur le sujet.
Je vous remercie pour l’attention que vous pourriez porter à mon travail,
Cordialement,
Marie Charron
Interne en médecine d’urgence CH Gap
mariecharron3@gmail.com

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Musicothérapie et burn out

 Anamnèse du patient

Les patientes ont entre 33 et 59 ans, réparties sur l’éventail de professions suivantes: infirmières, aide-soignante, préparatrice hospitalière en pharmacie, assistante sociale, éducatrice, formatrice ambulancière. Toutes sont totalement ou partiellement en arrêt maladie suite à un diagnostic de burn out.

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Anamnèse de la patiente

B. est âgée de 44 ans. Elle est porteuse de Trisomie 21. Elle est interne dans un FAM depuis 2010. Auparavant, elle vivait chez ses parents après une prise en charge en institution qui s’est terminée prématurément à la suite d’une affaire de mœurs impliquant un professionnel. B. souffre également de diabète insulino-dépendant, ce qui implique un suivi régulier et une alimentation stricte. Elle est également sujette à un dérèglement thyroïdien qui peut jouer sur l’humeur. B. est une personne très agréable au sein de l’institution, cherchant des liens avec l’encadrement principalement mais elle a quelques relations avec les autres résidents. Elle préfère éviter les personnes avec lesquelles elle ne ressent aucune affinité pour éviter les conflits. B. a un caractère entier et peut être amenée à se fermer lorsque la sollicitation ne lui convient pas ou que ses habitudes sont mises à mal par un nouveau planning d’activités par exemple.

Je connais B. depuis 11 ans maintenant. Je l’accompagne dans les actes de la vie quotidienne et dans une démarche éducative au sein de ce FAM depuis l’ouverture de celui-ci, en 2010.

Elle apprécie qu’on la félicite sur sa tenue ou sur son investissement au sein de la collectivité et semble chercher un positionnement intermédiaire entre les autres résidents et l’équipe éducative.

Ba accès à une communication verbale mais celle-ci est limitée et peu compréhensible. Elle utilise depuis plusieurs années le langage Makaton qu’elle apprend assez aisément mais il lui manque encore beaucoup de signes et d’interlocuteurs formés à cette technique (parents notamment) pour se faire comprendre systématiquement. Lorsqu’elle est dans le jeu ou une ambiance festive, B. est assez excessive dans son expressivité. Elle peut crier en reprenant une comptine douce par exemple.

Les prises en charge en musicothérapie

Objectifs de la prise en charge

Il a été convenu d’une prise en charge en musicothérapie pour M. du fait, d’une part, qu’elle apprécie le média sonore et les activités autour de celui-ci (éveil musical, karaoké) et, d’autres part, pour favoriser une communication plus efficiente par le biais de la concentration, de la synchronisation mais aussi par le lâcher prise au sein du cadre thérapeutique. […]

 

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Anamnèse du patient

Françoise est une femme âgée d’une soixantaine d’années. Cadette d’une fratrie de plusieurs sœurs, dont l’une est sa tutrice, elle perd son papa à l’âge de 9 ans et sa maman peu de temps après. Diagnostiquée psychotique, elle nécessite un suivi psychiatrique car elle souffre de troubles anxiodélirants avec injonctions agressives. Il est indispensable de suivre scrupuleusement son traitement car tout changement peut la faire basculer dans une extrême anxiété. Jeune adulte, elle est hospitalisée dans un CHU pendant plusieurs années, avant de travailler un peu et d’intégrer différents établissements.

La peur de la mort est assez présente chez elle, mais il est possible de faire évacuer ses angoisses et de les différer en utilisant le ton de l’humour.

D’un point de vue physique, c’est une femme fatigable et qui manque de tonicité.

Françoise se montre comme quelqu’un d’espiègle et taquine, avec un certain sens de l’humour. Elle le verbalise d’ailleurs « je t’ai fait une blague ». Souvent, lorsqu’on la croise dans les couloirs, elle est accompagnée de sa poupée.

Du côté relationnel, Françoise s’adresse peu aux résidents, mais répond quand on lui parle. Elle est très sensible aux conflits autour d’elle qui peuvent faire ressurgir ses angoisses. Aussi, elle demande à être protégée quand elle se sent en danger. Elle agit beaucoup en relation miroir vis-à-vis du professionnel : si on est drôles, alors elle est drôle.

Au sein du FAM, elle s’intègre aux activités proposées et en propose elle-même parfois. Elle participe d’ailleurs de plus en plus activement aux activités proposées et se montre moins fatiguée.

 

 

Les prises en charge en musicothérapie

Mise en place de la musicothérapie

Lorsque j’ai décidé de mettre en place des séances de musicothérapie au sein du FAM, la cheffe de service a proposé l’activité aux résidents. Aussi, les 4 résidents qui ont souhaité participer étaient tous motivés et sont donc venus de leur plein gré en atelier de musicothérapie.

Avant de proposer des séances de groupe, j’ai souhaité rencontrer chaque résident de manière individuelle pour leur expliquer les modalités de la prise en charge, ainsi que pour connaître leurs affinités avec la musique, les différents objets sonores et instruments, le mouvement, … Je suis donc partie sur un bilan psychomusical.

Objectifs individuels pour Françoise

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Musicothérapie en protection de l’enfance

 

Anamnèse

 

Lorsque je la rencontre, Lola est âgée de 10 ans.

Confiée à l’Aide Sociale à l’enfance très jeune, en raison de grandes difficultés de ses parents, qui ne pouvaient répondre à ses besoins, mais aussi en raison d’une suspicion d’attouchements, elle a connu différentes modalités de placement (foyer, famille d’accueil) avant d’intégrer la maison d’enfants dans laquelle j’interviens, en 2018. Atteinte d’une déficience légère associée à des troubles du comportement, elle passe la semaine en IME, où elle bénéficie de différentes prises en charge, et rejoint la maison d’enfants le week-end. En raison de ses difficultés, elle bénéficie de plusieurs traitements médicamenteux, dont un neuroleptique. Ses crises peuvent en effet nécessiter une contenance physique. Par ailleurs, il arrive qu’elle adopte des gestes ou comportements inadaptés envers elle ou les autres.

Lola apprécie beaucoup les temps individuels avec l’adulte et sait profiter des activités qui lui sont proposées, même si elle peut d’une part, s’exciter sur les temps de jeux, et d’autre part, elle est fatigable en raison de ses traitements et d’une apnée du sommeil. La musique l’apaise.

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Retrouvez Patrick Berthelon, Président de la Société Française de Musicothérapie, dans l’émission Check-up Santé du 3 juillet dernier sur BFM Business.

Pour écouter ou réécouter l’émission, c’est ici.

Anamnèse du patient

Mme C est une jeune femme de 28 ans. Elle semble avoir eu une enfance très entourée par sa famille, et elle a mené une scolarité normale et réussie. Elle a 2 frères dont elle parle volontiers.

Mme C souffre de phobie sociale depuis plusieurs années. Il semble qu’un traumatisme (dont elle ne parle pas) soit à l’origine de sa phobie. Ce traumatisme aurait eu lieu dans la période d’adolescente/jeune adulte, Mme C aurait évoqué une agression (tentative d’enlèvement ?). Nous n’en savons pas davantage.

Suivie en première intention par un psychiatre libéral pendant quelques temps (de ce que l’on en sait), elle est orientée vers un Centre Médico-Psychologique (CMP) à l’occasion d’un déménagement familial qui la fait changer de région. Après une période de suivi au CMP, Mme C fréquente en parallèle les ateliers thérapeutiques proposés au sein du Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP) depuis environ 1 an.

La structure

La particularité de ce CATTP est d’avoir une approche orientée Réhabilitation Psycho-sociale. Cette approche trouve son fondement historique dans la revendication de patients à être considérés comme rétablis malgré la chronicité de leur maladie (mouvement du Recovery aux Etats-Unis) : ils revendiquent le rétablissement personnel, à défaut de rétablissement clinique. Pour de nombreux patients atteints d’une maladie psychique, se rétablir c’est vivre AVEC la maladie, et BIEN vivre avec.

L’approche de la réhabilitation psycho-sociale se concentre donc sur la perspective du rétablissement du point de vue du patient ; en premier chef, elle vise à augmenter le pouvoir de décider et d’agir du patient, en s’appuyant sur les capacités préservées.

C’est donc dans ce cadre volontairement éloigné du symptôme et de la psychopathologie que je rencontre Mme C, qui participera à un atelier collectif de musicothérapie, auquel participeront 6 patients.

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

Atelier collectif hebdomadaire 1h30 – 1 musicothérapeute – 1 infirmier

Prise en charge proposée sur une période de 9 mois, soit environ 30 séances.

Groupe semi-ouvert : 5 participants au début, un 6ème patient intègrera le groupe à mi-parcours.

 

Objectifs thérapeutiques du groupe :

-proposer aux patients un espace de découverte de leurs capacités, de prise de conscience de leurs difficultés dans un contexte préservé et sécurisé,

-retrouver la volonté d’agir (conduire le sujet à mobiliser ses compétences pour ses objectifs)

-favoriser l’estime de Soi.

 

L’entretien individuel pour se rencontrer

Préalablement à ce temps collectif, je propose aux patients un entretien individuel sur le modèle du bilan psycho-musical, simplifié

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