Anamnèse du patient

Mademoiselle S. est née en 2009. La grossesse et l’accouchement sont décrits comme normaux. Vers 8 mois, Mademoiselle S. ne se tient pas assise. Après un bilan, elle présente un retard global de développement, avec trouble de la sphère relationnelle et communicationnelle, absence d’attention mutuelle (pas de contact avec le regard) et conjointe, des balancements et stéréotypies. Une prise en charge en kinésithérapie, en psychomotricité ainsi qu’en ergothérapie, lui permettent en quelques mois d’acquérir la station debout et d’effectuer ses premiers pas autour de 2 ans et demi et se déplacer ensuite de manière autonome mais sans pouvoir s’asseoir ni se lever seule. En revanche, elle reste très peu en communication. Au fil des années, Mademoiselle S. a perdu une grande partie de sa mobilité. Se sont ajoutées des manifestations épileptiques depuis 2013 avec de nombreuses hospitalisations. La situation semble stabilisée par un traitement. Aucune exploration à ma connaissance, en tout cas jusqu’à la fin de prise en charge, n’a été effectuée concernant l’origine de ses difficultés en vue d’un éventuel diagnostic.

Quand je rencontre Mademoiselle S. je n’ai aucune connaissance de son anamnèse

Je sais juste par l’éducatrice qui me la présente : qu’elle a 10 ans, quelle est non verbalisante et « non marchante », en fauteuil roulant donc. Et présente des signes proches du spectre autistique.

 

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

Il a été décidé que Mademoiselle S. bénéficie des séances de musicothérapie car il semble, selon les aidantes « qu’elle soit réceptive au son et à la musique. ». L’équipe me dit en début de première séance que « Mademoiselle S. est dans son monde et semble assez inaccessible ».

Les premiers objectifs de ces séances seraient donc d’ouvrir un canal de communication afin de permettre à Mademoiselle S. d’entrer en relation, la sortir de sa « bulle » / son isolement.

Je reçois Mademoiselle S. en séance individuelle de 45 minutes, une fois par semaine, pendant huit mois.

 

PREMIERE SEANCE ET EVALUATION

La première séance me permettra d’évaluer et d’observer Mademoiselle S. afin de préciser les objectifs individuels à travers un test de sensibilité et de réceptivité à la médiation sonore.

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Anamnèse du patient

J est une jeune fille métisse, en classe d’ULIS et suivie par un SESSAD depuis 2013. Nous n’avons pas d’informations sur son parcours antérieur. Elle est née d’une union entre Monsieur, d’origine française, ancien gendarme, ayant séjourné à plusieurs reprises dans les îles Françaises, notamment la Réunion et la Martinique, et Madame, d’origine Sénégalaise, coiffeuse dans un salon afro. J. a deux grands frères, entrés dans la vie active aujourd’hui. J. semble avoir des difficultés relationnelles avec l’un d’eux à l’époque de la prescription, celle-ci étant emprunte d’agressivité. La famille m’est décrite par la psychologue du SESSAD comme étant atypique. Un foyer dans lequel on communique peu. Chacun vit sa vie, pas de repas de famille au quotidien… on vit les uns à côté des autres mais jamais vraiment ensemble. J semble cependant avoir une relation privilégiée avec son père qui explique avoir eu « les mêmes soucis » que sa fille lorsqu’il était jeune. En effet, J semble souffrir de difficultés relationnelles massives. Elle est solitaire à la maison comme au collège ou au SESSAD. En entretien psychologique, elle éprouve des difficultés à répondre à des questions, ou y répond après un grand temps de latence. Elle peut se mordre l’intérieur des joues lorsqu’elle a envie de rire ou de sourire. Cette jeune fille m’est présentée comme étant très inhibée, elle semble présenter des traits autistiques dont le diagnostic n’a jamais été posé pour le moment.

                   Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

L’expression de J. semblant la mettre en réelle difficulté, l’équipe du SESSAD souhaite mettre en place une thérapie à médiation. J. n’est pas particulièrement attirée par la musique, cependant la perspective de passer par le sonore et le Non Verbal peut être une alternative intéressante lui permettant de s’exprimer davantage.

Nous mettons donc en place cette prise en charge le 14/09/2015, elle a alors 15 ans.

Objectifs de la prise en charge

Lors de ma séance d’évaluation préalable de prise en charge en musicothérapie, J. me semble enthousiaste, impatiente, elle sourit (en se mordant les joues), sans doute inquiète de cette nouvelle relation qui lui est imposée. Je ne l’envahis pas de questions qui la mettraient encore plus en difficulté, je lui propose de rejoindre le tapis sans tarder, et de s’asseoir. Nos premiers échanges sur les bongos vont alors être guidés par des consignes courtes, sécurisant ce nouveau cadre. J. n’a pas de problème de compréhension. Elle répond à mes sollicitations instrumentales, vocales (je note une utilisation très archaïque de la voix, l’utilisation de sons rauques, gutturaux…). Le corps se met en mouvement spontanément, J. se dandine, se balance au rythme de notre musique. Les nuances sont perçues et elle adapte son jeu au mien, j’adapte mon jeu au sien. Le silence est absent, et l’expression dense va générer une certaine excitation que l’on peut qualifier de décharge émotionnelle. Je note une manière assez violente de jouer et frapper sur l’instrument. Nos premiers échanges sont riches, le regard est très présent, le sourire également. L’ouverture me semble tout à fait possible avec cette jeune fille, tant la diversité des interventions est grande.

L’espace de liberté et de création proposé semble convenir à J. en lui offrant un potentiel « espace de contact » contenant, et rejouant la construction primaire de l’espace psychique et de la pensée infantile à travers le lien du corps et de la relation.

Comment la rencontre avec l’objet peut permettre la rencontre progressive avec soi-même ?

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La Fédération Française de Musicothérapie, en partenariat avec l’Université Paul Valéry de Montpellier (34), organise les mardis du mois de mai 2021 quatre webconférences sur le thème : “La musicothérapie dans le parcours de soins”.

Elles sont gratuites et accessibles à tous sur inscription.

Mardi 4 mai (18h30 / 20h)

“Musicothérapie, cancérologie et soins palliatifs, un continuum de soins”, Guylaine Vaillancourt

“La musicothérapie dans le traitement de la douleur : voyage au centre de la douleur chronique”, Nicolas Verardi

Mardi 11 mai (18h30 / 20h)

“La musicothérapie au sein du parcours de soins de l’enfant porteur de troubles du spectre autistique”, Hubert Crépin

“Intégration et spécificité de la musicothérapie dans le parcours de soins à l’hôpital”, Dr. Nicole Duperret-Gonzalez

Mardi 18 mai 2021 (18h30 / 20h)

“Paralysie cérébrale : des prises en charge en musicothérapie à la généralisation des effets bénéfiques de la musique”, Pr. Amélia Olfield

“Quand la musique révèle des capacités d’apprentissage chez les patients Alzheimer”, Pr. Hervé Platel

Mardi 25 mai 2021 (18h30 / 20h)

“La musicothérapie en Côte d’Ivoire”, Anny Chatot

“La musicothérapie au service du mieux-être et de l’inclusion sociale”, Julien Peyrin (Montréal, Canada)

“La musicothérapie entre la France et le Liban…”, Lara Wakim

Télécharger le programme détaillé

S’inscrire

Bonjour
Je suis Agathe Calbel, étudiante en 3ème année de psychologie à l’université de paris (ex descartes) .
Je suis le séminaire de TER (travaux d’études et de recherches) sur le thème des “états de souffrances psychiques chez l’enfant: enjeux et fragilité des processus de développement” sous la supervision de Monsieur Jérôme Boutinaud.
Dans le cadre de séminaire de TER je souhaite rédiger un mémoire sur les effets de la musicothérapie sur la communication verbale et non verbale des enfants atteint de TSA.
Je souhaiterais travailler avec des enfants âgés de 6 à 10 ans atteints de TSA et suivant des sessions de musicothérapies.
Dans le cadre de mon mémoire, je souhaiterais faire une observation de ces enfants tout en leur faisant passer le test du COM-VOOR (Noens, I., van Berckelaer-Onnes , I., Verpoorten, R., 2004). Un questionnaire sera proposé aux parents et au thérapeute pour avoir une vision
d’ensemble de la thérapie du jeune patient, plus précisément, depuis combien de temps l’enfant est suivi ainsi que les évolutions déjà observées.
Je souhaiterais pouvoir rencontrer un musicothérapeute avec qui je pourrais collaborer dans le cadre de mon mémoire, c’est donc dans ce cadre que je me permets de vous contacter.
Je vous remercie par avance pour l’attention que vous voudrez bien porter à ma demande.
Je reste à votre écoute et disposition
Cordialement,
Agathe Calbel
06.24.38.54.19
agathecalbel@gmail.com

L’Atelier de Musicothérapie de Bourgogne poursuit ses THEMAmb du samedi, un cycle de visioconférences thématiques, un samedi par mois. 

Le prochain THEMAmb aura pour thème :

Maternité, voix et musicothérapie 
Samedi 24 avril 2021 de 9h à 12h

Parcourez l’agenda pour plus de précisions!

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Anamnèse du patient

Monsieur A est un jeune homme de 18 ans. Il est atteint du syndrome de Hurler de type I (maladie génétique évolutive rare). Le contexte familial du jeune homme est stable : bonne entente entre les membres de la famille. Il a un petit frère, son papa est cordonnier et sa maman joue de la flûte traversière. Il a une relation fusionnelle avec celle-ci.

Ce patient est peu déficient intellectuel mais présente un handicap moteur. Il est en fauteuil roulant mais est en capacité de se tenir debout et de marcher sur des temps courts. Il est sportif malgré sa situation, aime les mots, les images, les mangas et les dessins / bandes dessinées. Il possède une grande ouverture d’esprit, c’est un jeune homme curieux et très réceptif à la musique. Il s’exprime de manière fluide et tient un discours d’adulte. C’est un jeune garçon en période de révolution hormonale, soumis à des pulsions. Les déviances sexuelles potentielles de ce patient étaient donc à reconduire.

Il a une parfaite conscience et connaissance de sa pathologie. Il souffre de douleurs physiques et psychiques mais il sait exprimer de manière lucide sa détresse. Je tenais à retranscrire un court témoignage de monsieur A : « J’ai cette maladie depuis que je suis né. J’ai eu la chance immense étant bébé de recevoir une greffe de moelle osseuse d’un italien doté du même groupe sanguin que moi. Mes tympans étaient mal formés ce qui explique ma surdité infantile… depuis on m’a opéré et j’ai retrouvé une partie de l’ouïe. Quand j’étais bébé, on ne pouvait pas me toucher, j’étais très sensible et je pleurais en silence, sans émettre aucun bruit. J’ai passé un long moment à l’hôpital enfermé dans une bulle et j’étais contraint de prendre un traitement médicamenteux qui provoquait la perte de mes cheveux. Jusqu’à présent, j’ai subi environ une opération par an (oreilles, greffes diverses, vis sur la colonne vertébrale, etc…)».

En raison de sa pathologie, monsieur A présente un épaississement des traits du visage (large tête, os frontaux protubérants, racine nasale basse, joues rondes et lèvres élargies) ce qui rend son articulation difficile… Il reste néanmoins audible la plupart du temps.

Monsieur A s’exprime donc verbalement et s’adresse directement à son interlocuteur. Par contre, il a tendance à être volubile et son flot de paroles est difficilement canalisable. Il ne laisse aucune place au silence, et l’écoute est souvent parasitée par ses interventions. Cela dit, son expression corporelle n’en n’est pas moins entravée ! C’est un garçon qui se donne à fond dans tout ce qu’il fait. Il déborde d’énergie, il adore les percussions et danse avec entrain sur le tapis lors de nos séances. En somme, le mode de communication de monsieur A est simple et direct mais son discours est loquace. La communication est bonne mais reste centrée sur ses intérêts.

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

Le suivi de monsieur A en musicothérapie s’est fait sous prescription médicale d’un médecin psychiatre au sein d’un institut médico éducatif (IME).

 

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L’Atelier de Musicothérapie de Bourgogne lance ses THEMAmb du samedi, un cycle de visioconférences thématiques, un samedi par mois.

Objectif : élargir ou actualiser vos connaissances dans l’un des champs d’application de la musicothérapie.

Le principe : chaque mois, un nouveau thème et un intervenant spécialiste du domaine.

N’hésitez pas à consulter l’agenda!

Les inscriptions pour le 1er cours Psychopathologie clinique en protection de l’enfance du 27 mars prochain sont bientôt terminées.

Vous découvrirez très prochainement la nouvelle thématique!

Communiquer avec une personne âgée atteinte d’aphasie dans le cadre de la démence

Anamnèse du patient

Je rencontre Mme L., résidente d’un EHPAD, qui vit depuis trois ans dans un service de CANTOU. Agée de 85 ans, elle souffre de démence de type Alzheimer. Elle n’a que très peu, voire pas du tout, d’interactions verbales avec les autres résidents ou les soignants. Les interactions entre résidents, verbales ou non verbales, sont par ailleurs très limitées et peu encouragées.

A mon arrivée, très peu d’informations sont disponibles dans le dossier médical et paramédical de Mme L.

La démence d’Alzheimer dont elle souffre engendre, outre des troubles mnésiques grandissants, de sérieux troubles praxiques du côté gauche dont un ralentissement moteur général important. Elle ne peut pas manger seule et se déplace avec difficulté uniquement lorsqu’elle y est invitée.

Au niveau du trouble phasique, je crois d’abord qu’elle souffre de mutisme, puis découvre qu’elle souffre en réalité d’une aphasie quasi-totale avec une perte importante de la capacité de parler et de lire.

Le GIR (groupe iso-ressources) de Mme L. est le GIR1, le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée étant évalué du GIR 1- le niveau de perte d’autonomie le plus fort, au GIR 6 – le niveau de perte le plus faible.

Elle est mariée et a deux enfants. Son mari, toujours en vie, habite à proximité de l’EHPAD mais ne lui rend plus visite. Il s’occupait seul de sa femme avant son entrée à l’EHPAD, et, selon les informations recueillies auprès du personnel, éprouve une grande fatigue et une détresse émotionnelle lors des premières visites, et ne vient donc plus.

Son fils ne lui rend pas visite non plus.

Sa fille, quant à elle, lui rend régulièrement visite. D’après le personnel soignant, celle-ci souffre de troubles psychiatriques amenant une forme d’instabilité et d’insécurité, ressentie lors des visites. Je n’en saurai pas plus. Je la vois très régulièrement et semble impliquée dans le bien-être de sa maman (promenades, soins des mains). Elle ne prévient toutefois pas sa maman lorsqu’elle s’en va.

Il y a ici diagnostic de syndrome abandonnique, sujet de suivi par la psychologue en plus des syndromes dus à la démence, et c’est la raison pour laquelle il m’a été demandé d’être vigilante sur les mots et expressions employés, de toujours l’informer du planning de mes venues et annoncer clairement lorsqu’il est l’heure du départ.

Le changement est difficile pour Mme L. L’absence et l’abandon ont créé un besoin d’activités et de relations à long terme pouvant lui redonner confiance.

Elle a déjà bénéficié de séances d’art-thérapie et de séances de psychomotricité qu’elle a beaucoup appréciées. Ces dernières sont intervenues avant mon arrivée et se déroulaient pour la plupart autour de la musique.

Toutes les séances proposées en face à face semblent lui redonner confiance et valoriser ce qu’elle fait, lui permettent d’évoluer dans un espace détendu et chaleureux en créant un sentiment de sécurité.

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