Anamnèse du patient

Monsieur A est un jeune homme de 18 ans. Il est atteint du syndrome de Hurler de type I (maladie génétique évolutive rare). Le contexte familial du jeune homme est stable : bonne entente entre les membres de la famille. Il a un petit frère, son papa est cordonnier et sa maman joue de la flûte traversière. Il a une relation fusionnelle avec celle-ci.

Ce patient est peu déficient intellectuel mais présente un handicap moteur. Il est en fauteuil roulant mais est en capacité de se tenir debout et de marcher sur des temps courts. Il est sportif malgré sa situation, aime les mots, les images, les mangas et les dessins / bandes dessinées. Il possède une grande ouverture d’esprit, c’est un jeune homme curieux et très réceptif à la musique. Il s’exprime de manière fluide et tient un discours d’adulte. C’est un jeune garçon en période de révolution hormonale, soumis à des pulsions. Les déviances sexuelles potentielles de ce patient étaient donc à reconduire.

Il a une parfaite conscience et connaissance de sa pathologie. Il souffre de douleurs physiques et psychiques mais il sait exprimer de manière lucide sa détresse. Je tenais à retranscrire un court témoignage de monsieur A : « J’ai cette maladie depuis que je suis né. J’ai eu la chance immense étant bébé de recevoir une greffe de moelle osseuse d’un italien doté du même groupe sanguin que moi. Mes tympans étaient mal formés ce qui explique ma surdité infantile… depuis on m’a opéré et j’ai retrouvé une partie de l’ouïe. Quand j’étais bébé, on ne pouvait pas me toucher, j’étais très sensible et je pleurais en silence, sans émettre aucun bruit. J’ai passé un long moment à l’hôpital enfermé dans une bulle et j’étais contraint de prendre un traitement médicamenteux qui provoquait la perte de mes cheveux. Jusqu’à présent, j’ai subi environ une opération par an (oreilles, greffes diverses, vis sur la colonne vertébrale, etc…)».

En raison de sa pathologie, monsieur A présente un épaississement des traits du visage (large tête, os frontaux protubérants, racine nasale basse, joues rondes et lèvres élargies) ce qui rend son articulation difficile… Il reste néanmoins audible la plupart du temps.

Monsieur A s’exprime donc verbalement et s’adresse directement à son interlocuteur. Par contre, il a tendance à être volubile et son flot de paroles est difficilement canalisable. Il ne laisse aucune place au silence, et l’écoute est souvent parasitée par ses interventions. Cela dit, son expression corporelle n’en n’est pas moins entravée ! C’est un garçon qui se donne à fond dans tout ce qu’il fait. Il déborde d’énergie, il adore les percussions et danse avec entrain sur le tapis lors de nos séances. En somme, le mode de communication de monsieur A est simple et direct mais son discours est loquace. La communication est bonne mais reste centrée sur ses intérêts.

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

Le suivi de monsieur A en musicothérapie s’est fait sous prescription médicale d’un médecin psychiatre au sein d’un institut médico éducatif (IME).

 

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L’Atelier de Musicothérapie de Bourgogne lance ses THEMAmb du samedi, un cycle de visioconférences thématiques, un samedi par mois.

Objectif : élargir ou actualiser vos connaissances dans l’un des champs d’application de la musicothérapie.

Le principe : chaque mois, un nouveau thème et un intervenant spécialiste du domaine.

N’hésitez pas à consulter l’agenda!

Les inscriptions pour le 1er cours Psychopathologie clinique en protection de l’enfance du 27 mars prochain sont bientôt terminées.

Vous découvrirez très prochainement la nouvelle thématique!

Communiquer avec une personne âgée atteinte d’aphasie dans le cadre de la démence

Anamnèse du patient

Je rencontre Mme L., résidente d’un EHPAD, qui vit depuis trois ans dans un service de CANTOU. Agée de 85 ans, elle souffre de démence de type Alzheimer. Elle n’a que très peu, voire pas du tout, d’interactions verbales avec les autres résidents ou les soignants. Les interactions entre résidents, verbales ou non verbales, sont par ailleurs très limitées et peu encouragées.

A mon arrivée, très peu d’informations sont disponibles dans le dossier médical et paramédical de Mme L.

La démence d’Alzheimer dont elle souffre engendre, outre des troubles mnésiques grandissants, de sérieux troubles praxiques du côté gauche dont un ralentissement moteur général important. Elle ne peut pas manger seule et se déplace avec difficulté uniquement lorsqu’elle y est invitée.

Au niveau du trouble phasique, je crois d’abord qu’elle souffre de mutisme, puis découvre qu’elle souffre en réalité d’une aphasie quasi-totale avec une perte importante de la capacité de parler et de lire.

Le GIR (groupe iso-ressources) de Mme L. est le GIR1, le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée étant évalué du GIR 1- le niveau de perte d’autonomie le plus fort, au GIR 6 – le niveau de perte le plus faible.

Elle est mariée et a deux enfants. Son mari, toujours en vie, habite à proximité de l’EHPAD mais ne lui rend plus visite. Il s’occupait seul de sa femme avant son entrée à l’EHPAD, et, selon les informations recueillies auprès du personnel, éprouve une grande fatigue et une détresse émotionnelle lors des premières visites, et ne vient donc plus.

Son fils ne lui rend pas visite non plus.

Sa fille, quant à elle, lui rend régulièrement visite. D’après le personnel soignant, celle-ci souffre de troubles psychiatriques amenant une forme d’instabilité et d’insécurité, ressentie lors des visites. Je n’en saurai pas plus. Je la vois très régulièrement et semble impliquée dans le bien-être de sa maman (promenades, soins des mains). Elle ne prévient toutefois pas sa maman lorsqu’elle s’en va.

Il y a ici diagnostic de syndrome abandonnique, sujet de suivi par la psychologue en plus des syndromes dus à la démence, et c’est la raison pour laquelle il m’a été demandé d’être vigilante sur les mots et expressions employés, de toujours l’informer du planning de mes venues et annoncer clairement lorsqu’il est l’heure du départ.

Le changement est difficile pour Mme L. L’absence et l’abandon ont créé un besoin d’activités et de relations à long terme pouvant lui redonner confiance.

Elle a déjà bénéficié de séances d’art-thérapie et de séances de psychomotricité qu’elle a beaucoup appréciées. Ces dernières sont intervenues avant mon arrivée et se déroulaient pour la plupart autour de la musique.

Toutes les séances proposées en face à face semblent lui redonner confiance et valoriser ce qu’elle fait, lui permettent d’évoluer dans un espace détendu et chaleureux en créant un sentiment de sécurité.

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FORMATION PROFESSIONNELLE

Exploration et Ecoute
Association Structures Sonores Baschet
Lundi 29 et mardi 30 mars 2021 (10h à 13h – 14h à 18h)

A la « Grange Baschet » – 17 rue des Fusillés de la Résistance – 91240 Saint-Michel-Sur-Orge
Vous souhaitez utiliser l’Instrumentarium Pédagogique Baschet dans votre cadre professionnel ?
Imaginer des projets sonores, musicaux, créatifs ? C’est possible !
L’Association Structures Sonores Baschet vous propose une formation pédagogique
avec l’Instrumentarium Pédagogique Baschet adaptée à vos besoins et à vos publics.
Sans pré-requis.
Prix : 456 € TTC (organisme datadocké, peut être pris en charge par votre OPCO)
Pour les personnes auto-financées : nous contacter
www.baschet.org
Informations et inscriptions : contact@baschet.org

Programme formation SSB mars 2021

flyer formation mars 2021

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Anamnèse du patient

L. a 7 ans, il est le dernier d’une fratrie de 3 enfants, sa grande sœur est suivie pour des troubles psychiques. Ses parents sont séparés, mais vivent encore une relation très conflictuelle. Lorsque je commence la prise en charge, L. est accueilli à l’hôpital de jour à raison de 2 demi-journées par semaine depuis 4 mois. Il aurait des Troubles du Spectres de l’Autisme, des troubles de la communication, un retard de langage, des troubles du comportement, des troubles du sommeil et un Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité. (TDAH). Il reçoit un traitement de ritaline.

L. est un petit garçon plutôt bien ancré au sol, au premier abord il n’est pas souriant et parle de façon très péremptoire, s’adressant à l’adulte à l’impératif. L. est opposant, intolérant à la frustration, ce qui le rend très rigide et dirigiste. Il a des difficultés d’élocution. Scolarisé à mi-temps, il pose de grandes difficultés à l’équipe éducative allant jusqu’à mettre en danger les autres élèves par des décharges émotionnelles d’une grande violence.

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

L’atelier de musicothérapie est hebdomadaire d’une durée d’une demi-heure. Les séances avec L. sont individuelles. J’encadre les séances seule. Il assistera à 19 séances de fin janvier à fin juin.

Dans la salle où se déroule les séances de musicothérapie, tous les instruments sont en « accès libre » dans un placard sans portes et dans un autre avec des portes mais sans clé. Dans un premier temps je choisis de laisser L. libre de se saisir des instruments qu’il souhaite sans intervenir dans ses choix et dans son approche des instruments. Il a la liberté d’évoluer dans un espace non dirigé afin de favoriser l’expression de ses émotions par l’intermédiaire d’objets sonores à disposition. Cette orientation me permet également de connaître ses compétences cognitives, ses habilités praxiques, son appétence pour le jeu, sa façon d’appréhender son environnement. Je m’implique dans ses jeux à sa demande tout en le sollicitant par des propositions sonores alternatives. En le confrontant à ma différence, ma liberté d’être « moi-même », j’essaie de l’amener à accepter une « non toute-puissance ». Qu’il puisse vivre en séance de musicothérapie, une aire intermédiaire ludique, située entre le monde extérieur et son monde interne. « C’est en jouant, que l’individu, enfant ou adulte, est capable d’être créatif et d’utiliser sa personnalité tout entière. C’est seulement en étant créatif que l’individu découvre le soi. » (D.W.Winnicott Jeu et réalité).

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Jeudi 21 janvier, Patrick Berthelon, Président de la Société Française de Musicothérapie, était invité sur le plateau de l’émission “Ensemble c’est Mieux !” sur France 3 Bourgogne Franche-Comté pour évoquer la musicothérapie, sa définition, ses objectifs et aussi démêler brièvement le vrai du faux.

Vous pouvez revoir l’émission ci-dessous. De la minute 4 à la minute 14 environ 😉

Christine Stromboni, Auteure et réalisatrice, prépare actuellement un documentaire sur la MUSICOTHÉRAPIE et LA DÉFICIENCE VISUELLE, dont le tournage aura lieu prochainement  (dans le cadre de la série documentaire  «  A vous de voir » diffusée chaque mois sur France 5).

Elle recherche le témoignage de musicothérapeutes déficients visuels ainsi que de personnes déficientes visuelles qui participent à des séances de musicothérapie. Au delà de la  musicothérapie, elle recherche également des personnes déficientes visuelles passionnée par la musique et qui témoignent de la manière dont la musique a changé leur vie et les a aidées à surmonter leur handicap.

L’émission “À vous de voir” vise à sensibiliser le grand public au handicap visuel. Elle a pour ambition de faire découvrir au public la vie quotidienne des malvoyants et des non-voyants et d’apporter des réponses aux questions qu’ils peuvent se poser en abordant des sujets de société .

Vous trouverez ci-dessous deux liens pour vous donner un aperçu de cette série documentaire et de son travail.

N’hésitez pas à la contacter

Christine Stromboni
TP : 0607686641
Email : christine.stromboni@free.fr

Intervenants : Pr Hervé Platel, Dr Stéphane Guétin et Pr Jacques Touchon.

Vous pouvez consulter toutes les informations relatives au webinaire sur ce lien https://www.ant-congres.com/evenements-digitaux/la-musique-comme-therapie/.

Cas clinique provenant du mémoire réalisé à l’issue de la formation à l’AMB de Dijon dans le cadre de l’obtention du certificat de formation à la musicothérapie « La musicothérapie au service de personnes déficientes intellectuelles. Un outil pour l’affirmation de soi à travers l’imitation ».

Stage de professionnalisation effectué au sein de L’Arche, rue de Sacy à Reims, d’avril à octobre 2017.

Anamnèse du patient

  1. a intégré la structure de l’Arche en 2010. D’abord en tant qu’externe, puis elle est devenue interne.

L., âgée de 27 ans, est atteinte de troubles autistiques mais elle est capable d’être en lien avec les autres.

Elle a grandi dans un environnement très protecteur, avec plusieurs frères et sœurs et des parents très présents. Le contact familial est maintenu puisque L. rejoint sa famille régulièrement le temps d’un week-end et une partie des vacances scolaires.

Elle n’a que peu accès au langage verbal.  L. produit de nombreuses stéréotypies verbales telles que « Maman » ainsi que des stéréotypies gestuelles : pouce dans la bouche, pointer l’horloge du doigt, pointer du doigt son oreille, des mouvements circulaires de doigts.

L. manifeste justement un grand intérêt pour la musique et principalement les vidéos musicales. Sur sa tablette, avec ses oreillettes, elle choisit ses comptines d’une grande variété de styles et de langues : polonais, russe… Cet outil est manipulé aisément. Elle y passe beaucoup de temps. Elle est presque dans un état hypnotique à ces moments-là.

Compte tenu de cet intérêt pour la musique, les séances de musicothérapie semblent justifiées et auront pour objectif d’aider L. à sortir de cet isolement, à s’ouvrir et à communiquer davantage avec ses pairs.

 

 

Les prises en charge en musicothérapie

Modalités de prises en charge

Avec Liesbeth, la responsable de foyer, il est décidé que L. profitera de séances individuelles de musicothérapie, à raison d’une fois par semaine, pendant une durée de 30 à 45 minutes chacune, d’avril à octobre 2017.

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