CHAMPS THÉRAPEUTIQUES

Léa Fraisse. Échanger sans parler : quelle place tient la communication non-verbale au sein de la relation entre un enfant ayant un Trouble du Spectre Autistique et un(e) psychomotricien(ne) ?. Psychologie. 2019. ⟨dumas-02178147⟩

Résumé : « Ce mémoire tente de mettre en évidence la place et l’importance de la communication non-verbale au sein de la relation entre un enfant TSA et un psychomotricien. C’est en passant par le développement de la communication non-verbale chez l’enfant, ainsi que par un point théorique sur l’autisme, et en évoquant l’impact des particularités sensorielles sur le fonctionnement d’un sujet TSA que l’argumentation est emmenée vers la psychomotricité. En effet, il est important de préciser que la communication non-verbale est présente et utile dans l’accompagnement en psychomotricité, mais également que la psychomotricité peut jouer un rôle dans le développement et l’amélioration de l’utilisation de la communication non-verbale chez un sujet TSA. Les situations au cours desquelles la communication non-verbale est utilisée dans la relation en psychomotricité, et les médiateurs et médiations  » non-verbaux  » par lesquels le psychomotricien peut passer pour développer les échanges durant l’accompagnement d’un sujet TSA sont évoqués dans ce mémoire. Deux études de cas sont présentées pour illustrer l’argumentaire théorique.»

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Camille Kartheuser, mémoire de master en sciences psychologiques, 2017-2018. Université de Liège.

Introduction du mémoire : « A l’heure actuelle, on observe un vieillissement de la population mondiale notamment dû à l’amélioration des conditions de vie et des soins de santé, ce qui permet aux individus de vivre plus longtemps et en meilleure santé. En revanche, cet allongement de l’espérance de vie conduit également à une augmentation de la probabilité de développer une démence (World Health Organization, 2012). En effet, le risque d’être atteint d’une démence augmente significativement avec l’âge. Selon l’Alzheimer’s Disease International (2015), 46,8 millions de personnes étaient atteintes de démence en 2015 et ce nombre atteindra les 131,5 millions en 2050. Ce qui signifie que le nombre de cas de démence va presque doubler tous les 20 ans. En Europe, la prévalence est estimée à 4,7% au-delà de 60 ans et atteint environ 30% à l’âge de 85 ans (Alzheimer’s Disease International, 2015). Nous sommes donc face à un problème sociétal majeur. Dès lors, il est nécessaire de compter sur l’aide fournie par les proches de ces personnes dépendantes, ceux-ci sont des acteurs centraux de notre société actuelle. La prise en charge du proche est un chemin de vie pour l’aidant, pour certains ce chemin est de l’ordre de l’engagement personnel tandis que pour d’autres, il est la continuité d’un parcours de vie. Toutefois, l’aide fournie quotidiennement au proche n’est pas toujours une tâche aisée et peut engendrer diverses répercussions sur la vie de l’aidant. La littérature s’est principalement focalisée sur le sentiment de charge tandis que les facteurs émotionnels ont reçu moins d’attention. Pourtant, Dupuis (2002) soutient que l’une des expériences les plus douloureuses pour l’aidant est de faire face aux différentes pertes engendrées par la progression de la maladie, et notamment sa perte psychologique (ou notion de « perte ambiguë » décrit par Boss (1999)). L’objectif de ce travail est donc de mieux comprendre ces composantes émotionnelles du vécu des aidants proches afin de les aider et les soutenir au mieux. Dès lors, nous analyserons l’évolution du sentiment de perte ambiguë et du pré-deuil au cours de la progression de la maladie du proche, leurs facteurs prédicteurs ainsi que leurs conséquences sur le sentiment de charge.»

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Poncelet Jean-Jacques, « Les processus de symbolisation mis en jeu dans un groupe d’enfants autistes », dans : Hervé Chapellière éd., Groupes et symbolisations. Toulouse, ERES, « Groupes thérapeutiques », 2019, p. 111-122. DOI : 10.3917/eres.chape.2019.02.0111. URL : https://www.cairn.info/groupes-et-symbolisations–9782749263953-page-111.htm

Résumé : « La pratique des groupes psychothérapeutiques avec des enfants présentant des troubles autistiques, à des degrés plus ou moins sévères, nous confronte aux questions que pose tout travail psychique avec des cliniques « limites » et aux « limites » de la capacité de symbolisation et de rencontre avec les niveaux les plus archaïques de l’aube de la vie psychique. C’est avec ces enfants aux « pathologies de l’extrême », pour reprendre la formulation de R. Roussillon, suivis dans un hôpital de jour, que nous allons tenter de décrire, de comprendre, de partager leurs façons de construire leurs liens aux autres et au monde. La plupart d’entre eux n’ont guère de mots pour exprimer leur souffrance, leurs ressentis et leurs angoisses. Cependant, et quel que soit le degré de leurs défenses autistiques, nous avons toujours perçu dans nos dispositifs groupaux, au fond de chacun d’entre eux, une recherche bel et bien réelle, et émouvante, de tenter à travers leurs agirs, leurs mouvements, leurs postures corporelles et leurs manifestations sensorielles, de communiquer du sens. Encore faut-il apprendre à les décoder pour qu’ils adviennent aux « sens ».
Les recherches de ces dernières décennies dans le domaine de l’autisme ont permis de cerner de façon plus précise les raisons des échecs profonds de la capacité d’intersubjectivité des enfants autistes, qui, au sens large, est à entendre comme la possibilité d’établir un lien entre le dedans et le dehors. Comme le rappelle B. Golse (2011), ce sont les récents travaux sur le développement précoce du bébé qui ont réactualisé, notamment par l’observation directe, les questions de la construction du moi corporel et de ses liens avec la sensorialité… »

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Cognard Marion, Wendland Jacqueline, « La parentalité des mères psychotiques : une revue des facteurs de risque et de protection », La psychiatrie de l’enfant, 2019/1 (Vol. 62), p. 207-223. DOI : 10.3917/psye.621.0207. URL : https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2019-1-page-207.htm

Résumé: “La parentalité des mères présentant un trouble psychotique demeure peu étudiée et majoritairement considérée dans la littérature francophone du point de vue des facteurs de risque pour l’enfant. À travers une revue de la littérature, cet article propose un nouveau regard face à cette problématique en interrogeant également les facteurs de protection. L’objectif est d’exposer d’une part, les effets délétères de la maladie et les difficultés que les femmes psychotiques rencontrent dans leur parentalité et d’autre part, les facteurs individuels et environnementaux qui peuvent contribuer à les protéger dans leur rôle maternel. Une approche écosystémique, prenant en compte les facteurs personnels et environnementaux, semble la plus adaptée pour comprendre la problématique des mères présentant un trouble psychotique et contribuer à un processus de résilience individuelle ou familiale. »

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Aurélie Roser de Smet. L’intensité : paramètre acoustique en pathologies de la communication. Médecine humaine et pathologie. 2014.

Résumé : « L’intensité, l’un des 3 paramètres acoustiques de la voix avec le timbre et la hauteur, joue un rôle primordial dans l’intention de communication. Ses nombreux facteurs de variabilité sont à la fois d’ordre linguistique, telles la prosodie et l’accentuation, et d’ordre individuel, liés à des caractéristiques physiologiques, à la personnalité, ou encore aux situations de communication dans lesquelles la voix est utilisée. Parmi les prises en charges orthophoniques, l’intensité est perturbée dans les pathologies vocales qu’elles soient d’origine organique, fonctionnelle ou psychogène ainsi que dans le bégaiement. Dans ce mémoire, nous souhaitons étudier l’influence de l’intensité sur la perception des émotions. Nous utilisons un matériel auditivo-verbal constitué d’une même phrase exprimée selon huit émotions différentes et quatre niveaux d’intensité en plus du niveau d’intensité original. Notre protocole de recherche consiste à faire écouter ces extraits audio dans un ordre aléatoire à une population composée de trois groupes d’individus, un groupe de référence dit « expert » composé de comédiens et/ou chanteurs, un groupe « témoin », et un groupe de recherche composé de dysphoniques et de bègues. L’analyse des résultats a permis de mettre en évidence l’influence plus grande de l’intensité dans la reconnaissance des émotions chez les personnes bègues et chez les personnes dysphoniques non chanteurs / non comédiens que chez les comédiens et/ou chanteurs, qu’ils soient dysphoniques ou pas. L’adéquation du niveau d’intensité de l’extrait écouté avec le niveau d’intensité généralement associé à l’émotion considérée va faciliter leur prise de décision. Au contraire, un niveau d’intensité de l’extrait inadéquat avec l’émotion exprimée va entraîner plus de confusions et de fausses reconnaissances. En orthophonie, le travail des émotions avec les patients dysphoniques et bègues est donc primordial à la fois en expression pour élargir leur gamme d’expressions émotionnelles restreinte par la pathologie et en perception afin de savoir utiliser tous les indices émotionnels sans se focaliser sur l’intensité. »

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Marie Chavanis. L’association sémantique chez l’enfant avec un trouble envahissant du développement. Médecine humaine et pathologie. 2014. 122 pages, 52 références bibliographiques Mémoire d’orthophonie – UNS / Faculté de Médecine

Résumé : « Certaines études supposent que l’enfant avec un trouble envahissant du développement est victime d’une rupture entre le signe et le référent, ainsi que de troubles de la mémoire sémantique. Nous nous sommes donc intéressés à leurs procédés sémantiques et nous avons élaboré un test permettant de les évaluer. Pour aborder cette analyse, nous avons choisi une population de dix enfants avec un trouble envahissant du développement entre 7 ans et 12 ans appariée à une population de dix enfants témoins. Notre test est basé sur une épreuve de définition de mots et une épreuve d’associations sémantiques. Grâce à lui, nous avons pu recueillir les stratégies d’associations entre les deux populations. Nous avons ensuite comparé les résultats à partir d’une analyse statistique et d’un tableau de cotation regroupant plusieurs catégories de stratégies d’associations (les événements, les définitions fonctionnelles, les définitions visuelles, la catégorisation, les sensations ou sentiments et les éléments paralangagiers). Ainsi, il fût possible de confronter quantitativement et qualitativement les différentes stratégies des deux populations. Nous avons ensuite pu mettre en exergue les stratégies similaires et différentes, mais aussi mettre en évidence des particularités dans le langage de l’enfant TED. La comparaison des résultats indique que les stratégies associatives sont sensiblement les mêmes entre les deux populations. Cependant, les enfants avec un trouble envahissant du développement auront tendance à faire beaucoup plus d’interprétations personnelles avec un manque de décentration lors des associations sémantiques, celles-ci restent donc imprévisibles car très personnelles. Ce test, montre également que l’enfant avec un trouble envahissant du développement n’associe pas un mot à un référent connu de tous, il y aurait donc une rupture du signe. Les résultats trouvés nous permettent d’envisager un défaut d’abstraction et de catégorisation chez l’enfant TED, ainsi qu’un défaut de pragmatique. »

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Marie Tempier. Étude de la satisfaction des femmes ayant suivi une Préparation à la Naissance et à la Parentalité “ classique ” dans une maternité de type 3 en Aquitaine. Gynécologie et obstétrique. 2016.

Résumé:

Objectifs : La Préparation à la Naissance et à la Parentalité (PNP) est l’outil mis à disposition des sages-femmes pour assurer leur mission de santé publique et mieux accompagner les femmes et leur conjoint à l’accueil d’un enfant. Cependant, bien intégrée dans le suivi prénatal, elle est peu évaluée. L’objectif principal de notre étude est donc de connaître la satisfaction des femmes ayant suivi une PNP « classique » à la maternité du Centre Aliénor d’Aquitaine. Les objectifs secondaires sont de l’apport de la PNP en anté et post natal.

Méthode : Nous avons mené sur une période de 2 mois une étude quantitative descriptive du type enquête de satisfaction. 36 femmes ont été interrogées dans une maternité de niveau 3.

Résultats : Les femmes sont globalement satisfaites des séances de PNP proposées (score moyen de 16/20), cependant le manque d’exercice pratique et d’information sur la période post natale est mis en évidence.

Conclusion : La PNP apporte des connaissances sur la grossesse et l’accouchement mais insuffisamment sur le post partum et la parentalité. Une analyse des pratiques professionnelles et une réflexion sur les modèles employés nous permettrait de pouvoir proposer des actions davantage adaptées aux besoins des femmes et des couples pour améliorer la proposition faite aux femmes.»

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Brun Anne, « Haines passionnelles dans le lien mère/enfant », Le Carnet PSY, 2019/5 (N° 226), p. 39-45. DOI : 10.3917/lcp.226.0039. URL : https://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2019-5-page-39.htm

Résumé : C’est ainsi que Thomas Bernhard raconte comment, à la moindre occasion, sa mère tapait sur lui, en prenant le nerf de bœuf, avec ces invectives toujours les mêmes… D’emblée cette séquence invalide la fameuse assertion freudienne selon laquelle la mère n’éprouverait pas d’ambivalence, pas de haine vis-à-vis de son fils. Winnicott au contraire a insisté sur les raisons pour lesquelles une mère hait son enfant, même un garçon (1947, p 80-81) : sa cruauté, le danger pour son corps pendant la grossesse et la naissance, sa tyrannie, son ingratitude, l’excitation et la frustration qu’il produit en elle…
Mais la clinique nous donne moins souvent à entendre la haine de la mère pour son bébé que la haine de l’enfant ressentie et interprétée par sa mère. Voici une brève séquence clinique pour introduire mon questionnement :
Une jeune femme souhaite entreprendre une analyse, en motivant cette demande, dès le premier entretien, par sa crainte d’être rejetée par sa fille de deux ans, qui préfère ostensiblement son père et l’évite même parfois… Elle exprime avec une intense émotion sa terreur de sentir monter en elle des sentiments de haine à l’égard de sa fille, qui par ailleurs va très bien.
Après quelques mois d’analyse, elle me dira lors d’une séance que sa fille s’est détournée d’elle après une phase très heureuse d’allaitement, lorsqu’elle a repris le travail et l’a confiée à une nourrice. Elle m’explique qu’elle avait découvert avec d’autres parents que cette nourrice s’occupait peu des bébés qui lui étaient confiés et laissait un peu les enfants dont elle avait la garde, livrés à eux-mêmes…

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Sara Sahraoui, Laurent Lefebvre – DOI : 10.1684/pnv.2019.0797 – John LIBBEY EUROTEXT- Page(s) : 221-8, volume 17, numéro 2, juin 2019

Résumé de l’article : « La capacité à conserver une bonne maîtrise de deux langues diminue avec l’âge, ce déclin se trouve plus marqué chez les bilingues atteints de la maladie d’Alzheimer (MA). En effet, le déficit langagier constitue la perturbation la plus fréquente après les troubles de la mémoire dans la sémiologie de la MA. En conséquence, un repérage des niveaux de traitement de l’information langagière (NTIL) perturbés chez les patients MA permettrait de caractériser le vieillissement langagier pathologique de type Alzheimer. La présente étude vise à localiser les NTIL (phonologique, syntaxique, lexico-sémantique) perturbés chez des bilingues atteints de la MA sur la base d’une analyse des discours de 120 participants dont 60 bilingues atteints de la MA et 60 bilingues sains. Les résultats montrent une perturbation lexico-sémantique dans la langue maternelle (L1). En revanche, le niveau syntaxique semble plutôt touché dans la langue seconde (L2) et relativement épargné dans la L1. Nous concevons que les aspects syntaxiques de la L1 résistent mieux car ils dépendent de la mémoire procédurale préservée dans la MA. Tandis que les aspects syntaxiques de la L2 et les aspects lexico-sémantiques de la L1 seraient perturbés car relevant de la mémoire déclarative précocement altérée.»

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REVUE MÉDECINE ET PHILOSOPHIE – Bruno Gepner, Psychiatre spécialisé dans les TSA vie-entière, chercheur associé au CNRS (institut de neuro-physiopathologie, UMR 7051), Chargé d’enseignement à Aix-Marseille Université, président de la Fédération autisme vie entière (FAVIE), musicien,

Résumé : Cet article est un ensemble de brèves réflexions sur certains aspects des troubles du spectre de l’autisme. Nous aborderons notamment l’augmentation de leur prévalence, la souffrance des personnes autistes, mais aussi les bénéfices thérapeutiques de la lenteur, de la musicothérapie et des groupes de parole et de communication, la Communication Facilitée, et enfin la place des autistes dans la société et la construction de notre monde contemporain. »

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